La sauvage tournée qu'est ce que donc ?

 

La sauvage tournée qu'est ce donc ?

Salut les gens. J'ai 20 ans. 20 ans de chanson dans les pattes. J'ai connu des salles pleines parfois, clairsemées ou franchement peu fréquentées souvent ( mais ce n'est pas grave ça fait artiste maudit ). Des tremplins d'auteur compositeur enrichissants, incongrus, intéressants, plus ou moins bien organisés. J'ai publié quatre CDs , le 5ème sortira à la fin de l'année 2016. J'ai fait pas mal de trucs. 

Mais j'avoue qu'une activité de musicien , essentielle pourtant à la panoplie de l'artiste, à la mythologie du chanteur obstiné, à la sacro sainte image de l'ACI (auteur compositeur interprète)  que brûle sa passion de la scène, du beau texte et de la musique non moins joliment policée ou balancée brut, quelque chose dis-je, manque à l'ensemble et le rend incomplet, bancal, cruellement inachevé, quasiment naze: je n'ai jamais jusque ici fait de tournée.

Faute peut être de tourneur, de tournant pas pris ou pas vu. Allez savoir. Il est vrai qu'aucun professionnel de la profession n'a jamais eu envie de faire de moi son poulain.  J'admets volontiers que le hennissement juvénile n'est pas mon fort. Bref

J'ai donc décidé puisqu'on ne m'ouvrait pas la porte de défoncer la fenêtre et de tout casser.

 Avec le sourire bien entendu.

 

La tournée sauvage a deux visages : trouver des cafés restos lieux sympas en tous genres et y faire un concert mêlant compos comprises et reprises éparses, dans lesquels je chante mes chansons (celles que je suis vraiment content d'avoir écrit ) , mêlées à des reprises françaises  (celles que j'aurais bien aimé avoir pondues).

Mes exigences sont mirobolantes, jugez en: un chapeau et le droit de vendre mes  disques.

Le tout saupoudré de manches à la six cordes dans les rues des villes et bleds traversés.

Voilà l'ambition. L'idée n'est pas neuve, je l'ai eu il y a deux ans. Je voulais appeler la tournée "Comme en 14".

Oui je sais ...

 

Bref le dimanche 18 juillet je suis parti. Vlan, Montpellier. Parce que ça n'est pas trop loin, que j'en avais une image raisonnablement musicale et que Vesoul a beau avoir l'honneur de porter le titre d’une chanson de Brel (ou l'inverse ), ça faisait un peu trop de kms sur d'un seul coup. Non Vesoul c'est comme Brive la Gaillarde, c'est mieux dans les chansons d'auteurs qui n' y ont jamais mis les pieds.

 

Sur place , je trouve deux beaux lieux très intéressés mais pas pour tout de suite. Premier soir, premier recadrage, je me dis qu'il faudra sans doute démarcher les lieux, proposer le truc pour ensuite décrocher une date plutôt que de jouer le soir même ou le lendemain. Du moins dans les grandes villes .

Pour la petite histoire, (auto clin d'œil, ami amateur de mon CD Rétrovisions,  sauras tu l'identifier) je rencontre un barman irlandais qui comprend très bien ma démarche:

il est musicien et a fait la même chose il y a dix ans dans les pubs de Londres. Il s'appelle Matthew.

 

Le lendemain deux manches. Deux beaux fours aussi, financièrement aussi réussies qu'un gratin d'aubergines préparé par mes soins. Vous n'avez jamais goûté mon gratin d'aubergines ? Normal je n'en ai jamais fait. 

 

Un chouette contact avec les gens, des sourires, des  pouces en  l'air, des allemands en short qui me filment et me demandent avec leur accent Bavarois la permission de mettre la Video sur YouTube , d'ailleurs le lien est en bas de l'article.

Oui bien sûr mon pote , ma gratte était fausse, j'ai oublié les paroles et je me coinçais la moustache dans l'harmonica mais je suis certain que le cœur y était.

Le cœur vous dis-je, ce truc qui n'a manifestement pas besoin de pièces dans la fente pour fonctionner puisque vous n'en jetez quasiment pas dans ma housse pendant que je m'époumone à égayer votre lundi apm, à donner à vos vacances une caution vaguement culturelle à prix très très modique. 

"Yavoll, wunderbar Sigmund and Garfunkel !!"

Comme tu dis. 

 

Laissant là Montpellier, je fais un détour par Sète, je ne vous explique pas pourquoi ça tombe sous le (Bras)sens. J'y trouve un lieu pareillement potentiellement partant , un restaurant cabaret et le soir rien, je recharge les batteries, les miennes et celle qui me sonorise dans les rues. 

Demain Nîmes.

Qui vivra aura mal, mais verra quand même.

 

 

L'épreuve en images

Une version de My back pages de Bob Dylan, Montpellier 19/07/16